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Interview de Marie-Christine Assouère et Marie-Laure Pargala, conseillères municipales de Lourdes

mardi 21 décembre 2021 par rédaction

La Rédaction : Marie-Christine Assouère et Marie-Laure Pargala, pourquoi avez-vous sollicité cette interview ?

 

Marie-Christine Assouère et Marie-Laure Pargala : Nous avons à cœur dans ces temps difficiles de manifester tout l’intérêt que nous portons aux Lourdaises et aux Lourdais « sans idéologie, discours ou baratins » pour reprendre les belles paroles de la chanson des Restos du Cœur, écrites par Jean-Jacques Goldman.

 

Face à cette époque tourmentée, il relève de la responsabilité des élus de redoubler d’efficacité pour aider nos concitoyens et notre cité à surmonter les épreuves sanitaires, sociales et économiques liées à la pandémie de Covid-19 sans promettre le « grand soir ».

 

Comme dans la chanson des Restos du Cœur, « il est temps de dépasser le chacun pour soi, quand je pense à toi, je pense à moi ». Pour cette raison, nous tenons à rappeler le rôle des élus afin d’aider les Lourdaises et les Lourdais à mieux comprendre le processus décisionnel d’une mairie et à saisir le bon interlocuteur. 

 

Ainsi, pour tout ce qui concerne la sécurité (état des routes et des trottoirs, éclairage public), la tranquillité (nuisances sonores, rodéos urbains), la salubrité (propreté) et les atteintes à la dignité humaine, seul le Maire peut agir en sa qualité de représentant de l’État en prenant des arrêtés municipaux. 

 

S’agissant du sens de la circulation, du stationnement payant, des subventions et du mauvais état des locaux mis à la disposition des associations (sport, culture, etc.) et des autres compétences exercées par la commune, le Conseil municipal peut voter des délibérations à la majorité simple, c’est-à-dire avec seulement 17 voix sur les 33 élus de Lourdes. Face à cette domination arithmétique, à 2, nous n’avons pas les moyens d’empêcher la majorité de passer en force. 

Nous n’avons pas non plus la possibilité d’intervenir sur l’ordre du jour. C’est le bureau composé du Maire, des adjoints, du cabinet et de la direction générale (Directeur général des services et les deux Directrices générales adjointes) qui déterminent leurs priorités en se réunissant toutes les semaines. Par ailleurs, nous ne pouvons intervenir que sur les sujets évoqués en conseil municipal dont la fréquence de convocation est trimestrielle.  

 

La Rédaction : Que pouvez-vous faire alors ? Quel bilan tirez-vous de l’action municipale ?

 

Marie-Christine Assouère et Marie-Laure Pargala : Si notre rôle est limité, il présente malgré tout de grands intérêts : Aider les Lourdaises et les Lourdais ! Informer les Lourdaises et les Lourdais ! Représenter les Lourdaises et les Lourdais ! Nous ne laissons pas de place au hasard en travaillant tous les dossiers, en rencontrant tous ceux qui nous sollicitent et nos interventions sont toujours argumentées. Ainsi, nous sommes des femmes d’écoute, de dialogue et d’action et nous sommes déçues du décalage entre les déclarations et les actes de l’autorité municipale. Voici 5 exemples :

 

1) Sur l’état des routes et des trottoirs et des ouvrages :

 

Il est surprenant que 18 mois après la prise de fonction, de simples « rebouchages de trous » soient réalisés actuellement sur la chaussée. Non seulement ces travaux auraient dû être prioritaires mais surtout notre ville mérite mieux que des cataplasmes sur des jambes de bois. La sécurité et la mise en accessibilité représentent des problématiques majeures. La ville de Lourdes doit permettre aux personnes à mobilité réduite, aux personnes âgées mais aussi aux parents avec des enfants en bas âge de pouvoir se déplacer en tous points de la ville et d’accéder à tous les espaces de manière autonome au même titre qu’une personne valide. Par ailleurs, ne serait-il pas temps d’aménager une gare routière à Sarsan afin de sécuriser les déplacements des élèves et des usagers ? La ville de Tarbes peut servir de modèle puisqu’elle a réussi à sécuriser les déplacements des élèves en construisant une nouvelle gare routière en très peu de temps.

 

2) Sur la piétonnisation :

 

S’agissant de la rue de la Halle, il n’y a aucun intérêt sécuritaire, écologique, culturel, géographique ni économique à piétonniser cette rue. Au contraire, cette mesure restrictive de circulation voire d’exclusion va pénaliser les habitants du quartier, les usagers et les commerçants en reléguant leur clientèle à la périphérie de la ville où elle pourra se garer gratuitement. Par exemple, comment vont faire les personnes âgées ou à mobilité réduite pour se rendre chez la coiffeuse où elles peuvent aujourd’hui être déposées et récupérées devant l’entrée ?

De plus, toutes les personnes concernées par cette piétonnisation n’ont été ni consultées ni associées ! Elle est bien loin la promesse électorale selon laquelle « le maire veillera à ce que chacun puisse s’exprimer, initier ses propres projets et être un acteur engagé dans la vie de la cité : l’objectif étant (…) de lutter contre le sentiment souvent avéré des laissés-pour-compte » (Ces mots sont tirés des programmes de campagne et des déclarations du Maire)

 

3) Sur le stationnement :

 

Les nombreux signataires de la pétition manifestent leurs inquiétudes et leur incompréhension face à l’extension du stationnement payant à Lourdes. Lors du conseil municipal du 18 novembre 2021, nous avions justement soulevé son effet contreproductif pour l’attractivité de notre centre-ville. Gardons à l’esprit que le parking Peyramale est toujours fermé. Il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs...

 

4) Sur le Plan Avenir Lourdes :

 

Nous étions impatientes de découvrir enfin le Plan Avenir Lourdes puisque le Maire avait annoncé entre les deux tours des élections municipales qu’il avait anticipé la Covid-19 et qu’ils étaient prêts à y faire face grâce à son programme. 18 mois après leur prise de fonction, la déception est grande… Si nous sommes ravies d’y retrouver beaucoup de nos propositions pour continuer l’accueil des pèlerins, compléter le tourisme spirituel et les diversifier, ce PAL est bien pâle ! Il ressemble à un inventaire à la Prévert avec 100 actions évoquées mais non chiffrées. Après 1 an et demi au pouvoir, le soufflet est vite retombé avec ce catalogue de bonnes intentions dont la priorisation et la planification restent à finaliser.

Par ailleurs, nous remercions de tout cœur l’État et la Communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées pour les nombreuses aides accordées à Lourdes. Certaines restent pour l’instant dans un SAS en attente car les dossiers ne sont pas prêts pour débloquer les fonds et ainsi concrétiser les projets.

 

5) Communication :

 

La vie démocratique et le pluralisme politique ne sont pas respectés. À ce titre, pourquoi le bulletin municipal n’est-il toujours pas sorti ? L’agitation propagandiste, ça ne fait pas beaucoup avancer ! Nous déplorons une forme de despotisme local où l’humain n’est pas au cœur des décisions et de l’action politique puisque les outils de démocratie participative sont très peu utilisés. Nous pouvons reprendre à titre d’illustration ce que le Maire avait dit qu’il ferait tout de suite et qu’il n’a toujours pas fait.

Les rares réunions de quartier ont lieu la plupart du temps à la Mairie de Lourdes ! Qu’en est-il de la promesse électorale du conseil citoyen inter-quartiers qui devait être créé ? Elle est bien loin également la promesse selon laquelle « deux permanences mensuelles et à toute occasion » seraient assurées par le Maire ? Quand les citoyens en sont réduits à communiquer par pétition, c’est le signal d’un dialogue rompu…surtout quand cela touche des publics et des sujets différents !

 

Comme dans la chanson des Restos du Cœur, « ça se passe ici, ici et aujourd’hui ». Même si c’est un chemin de croix, nous poursuivrons notre route en restant à votre écoute et en vous défendant. Nous donnons d’ailleurs rendez-vous prochainement aux Lourdaises et aux Lourdais pour partager, proposer et réfléchir ensemble à des solutions pérennes et consensuelles avec tous les acteurs du territoire (les habitants et tous les socio-professionnels). Dans cette attente et pour terminer sur une note optimiste, nous souhaitons aux Lourdaises et aux Lourdais d’agréables fêtes de fin d’année.