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RSA : quand l’accompagnement intensif commence à porter ses fruits
vendredi 6 février 2026, par
Environ 6 000 personnes perçoivent le RSA dans le département, représentant une part importante de la population bénéficiaire. Depuis un an, un dispositif innovant a été déployé pour favoriser leur réinsertion professionnelle, en ciblant notamment ceux que l’on qualifie d’éloignés de l’emploi.
L’objectif principal est de leur offrir une seconde chance en leur proposant un accompagnement renforcé. Pour certains, cela inclut une obligation de travailler 15 heures par semaine, avec un taux d’obligation d’environ 70 %. La mise en œuvre de ce dispositif a nécessité un travail préparatoire en concertation avec tous les partenaires : le conseil départemental, l’État et France Travail.
« Une étape clé a été de s’assurer que tous ces bénéficiaires soient inscrits auprès de France Travail, ce qui n’était pas encore le cas pour tous. Aujourd’hui, quelques publics restent à intégrer, mais les progrès sont significatifs. Une fois inscrits, ces bénéficiaires signent un contrat d’engagement, étape essentielle dans leur parcours de remobilisation », indique le préfet
Depuis le lancement de cette initiative il y a environ un an, la moitié des allocataires concernés ont déjà signé ce contrat. L’objectif est d’atteindre un taux d’engagement total d’ici la fin de l’année 2026.
« Ce dispositif a d’abord été expérimenté dans deux territoires, Lourdes et Adour-Madiran, avant d’envisager une extension à l’ensemble du département. Après inscription et signature du contrat, les bénéficiaires sont orientés selon trois catégories : professionnels, socio-professionnels, et ceux dits “sociaux”, plus éloignés de l’emploi. Un accompagnement intensif est alors mis en place pour favoriser leur retour à l’emploi », explique le préfet.
Les résultats sont prometteurs : moins de 40 % des bénéficiaires suivis sortent du RSA. Sur les 573 personnes orientées, environ 36 à 38 % ont ainsi cessé de percevoir cette allocation, tous parcours confondus. S’agissant de l’accompagnement professionnel, le taux de sortie atteint même 63 %, témoignant de son efficacité.
Globalement, environ 38 % des bénéficiaires retrouvent une situation leur permettant de ne plus dépendre du RSA. Lorsqu’un bénéficiaire sort du dispositif, cela indique souvent qu’il a trouvé un emploi ou un autre revenu stable.
Pour Jean Salomon, ces résultats encourageants soulignent l’importance de poursuivre et d’étendre cette démarche, afin de favoriser une insertion durable. La dynamique engagée montre que des efforts concrets portent déjà leurs fruits, même s’il reste encore du chemin à parcourir.
Michel Pélieu, président du département, rappelle que le département compte environ 6 000 bénéficiaires du RSA, ce qui représente une charge financière de près de 38 millions d’euros par an. Une somme lourde pour les finances départementales, d’où l’enjeu de réduire ce nombre.
L’objectif est clair, alléger cette charge tout en favorisant l’inclusion sociale et l’emploi. Cependant, le président insiste sur le fait que cette problématique ne peut être résolue par le seul département
Une action collective est nécessaire. À ce titre, un dispositif a été mis en place, associant l’État, la CAF, France Travail et le conseil départemental, pour travailler ensemble à la remobilisation et à la réinsertion de ces publics.
Le président du département se dit profondément révolté par une situation qu’il juge insupportable : « De ne pas trouver des gens pour travailler, alors qu’il y a 6 000 bénéficiaires du RSA, ça me révolte. »
Il appelle à une mobilisation générale pour réduire ce nombre, soulignant que l’enjeu est à la fois social et économique, il s’agit de donner à chacun la possibilité de retrouver une activité, de contribuer à la relance économique locale et de soulager les finances publiques.
Nicole Lafourcade

