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Josette Bourdeu : "La vérité sur les finances de Lourdes"

mardi 10 mars 2026, par rédaction

Accusée par le maire sortant et son adjoint aux finances d’être à l’origine de la situation financière de la ville, l’ancienne maire de Lourdes livre sa version des faits. Elle réfute les critiques, dénonce des manipulations et affirme que plusieurs résultats revendiqués aujourd’hui par l’équipe municipale trouvent leur origine dans les décisions prises durant son mandat.

Je croyais en avoir fini, mais je suis à nouveau interpellée à propos de ma mandature. Et voilà que les contre-vérités refleurissent. Si le maire sortant prétend inscrire Lourdes « enfin dans une spirale vertueuse », j’aurais plutôt tendance à penser qu’il l’enferme au contraire dans un cercle vicieux et que cette équipe sortante s’enfonce chaque jour davantage dans le mensonge. C’est inquiétant pour cette ville et pour les Lourdais, qui risquent de croire à ces inventions.

Cette fois, c’est l’adjoint aux finances que Thierry Lavit envoie au front pour se ridiculiser à sa place. Il n’y serait pas allé tout seul. On le comprend : il n’a pas beaucoup de bons points dans son cartable.

Le problème de la majorité sortante est qu’elle se caractérise, de manière perverse, par une inversion accusatoire. Avec beaucoup d’emphase et de mise en scène (en nous parlant de « pendules à l’heure » et de « rendre à César… »), elle reste pourtant courte sur les faits précis ou alors elle les transforme : elle embrouille les électeurs.

Mais surtout, elle dénonce chez ceux qu’elle attaque — et qui ont l’audace de se défendre — l’agressivité, la fébrilité et le mensonge : autrement dit, elle fait son autoportrait. C’est un capharnaüm incroyable, voulu sans doute pour que les gens en aient assez et ne cherchent plus à démêler le vrai du faux.

En tant qu’ancien maire de Lourdes, je m’y colle pourtant : c’est mon devoir. Je souhaite défendre la vérité et, en particulier, je refuse qu’on manipule les chiffres de mon mandat pour sauver le soldat Lavit, qui ne sait exister qu’en accablant les autres. J’avais prévenu que je n’accepterais pas de manipulations sur mon bilan. Il ne faut pas réveiller l’eau qui dort.

M. Lefort, plutôt que de citer paresseusement — et distraitement — la Chambre régionale des comptes sans en tirer les bonnes conclusions, vous auriez dû mieux étayer vos assertions en évitant de qualifier d’« allégations » les faits relevés par vos contradicteurs.

1. Oui, votre probité, MM. Lavit et Lefort, est en doute quand vous proclamez avoir réalisé le double d’investissements que lors de mon mandat, en y incluant trompeusement le remboursement du capital de la dette tout en l’ôtant du mien. Toute cette manipulation de chiffres pour dire que vous avez fait plus d’investissements que moi alors que non : c’est moi qui en ai fait le plus… Raté !

Je remarque que, d’un côté, M. Lavit a tendance à gonfler exagérément la réalité de ses investissements ; mais, à l’inverse, il a aussi coutume de minorer le vrai coût d’un projet en ne présentant que ce qu’il coûtera « en net » au contribuable lourdais, afin de ne pas apparaître pour ce qu’il est : très dépensier. Mais quelqu’un a-t-il dit à M. Lavit qu’il parle de toute façon d’argent public ?

Les aides de l’État ou de la Région ne sont pas une manne céleste gratuite : le contribuable lourdais est aussi un contribuable tout court. On est navré de voir son agitation comme s’il se trouvait devant un panier de soldes : ce n’est pas cher parce que j’ai des subventions !

Un projet se juge d’abord dans sa globalité, dans son coût total, et c’est d’abord à ce coût global qu’il est jugé. Un pont trop cher est un pont trop cher : cela signifie qu’il est mal ajusté, que son financement est mal conçu.

C’est comme si l’on disait : le prix de l’essence n’augmente pas parce que, de toute façon, moi je n’en prends toujours que pour 20 €, donc cela ne me coûte jamais plus de 20 € de ma poche.

On nous dit qu’il faut lire les chiffres de la Chambre régionale des comptes. J’ai envie de répondre : il ne faut pas seulement les lire, il faut les comprendre.

2. Oui, votre probité ou votre compétence, MM. Lavit et Lefort, sont en doute quand vous attribuez « la responsabilité de la dette à l’ancienne mandature ».

La dette : un mensonge répété ne devient pas une vérité

Vous voulez rendre à César ? Eh bien commencez par rendre à M. Artiganave ce qui est à M. Artiganave.

Ce n’est en aucun cas au cours de mon mandat que cet endettement s’est constitué. Il a monté en flèche entre 2008 et 2014, en passant de 16 M€ à 28 M€. Je n’ai pas augmenté la dette. La seule augmentation transitoire a été celle liée à la mise en place du compactage de la dette en 2018, qui a permis d’enclencher le processus de désendettement dont vous vous attribuez aujourd’hui le mérite : c’était le prix à payer pour lancer cette dynamique.

Comme l’écrit la CRC : « après retraitement, l’encours d’emprunt net demeure élevé à 28 M€ ». Mais vous en tirez une conclusion fausse en prétendant que j’en suis à l’origine. Car l’encours de la dette que j’ai trouvé en arrivant au début de mon mandat était de 28,43 M€. Non seulement je n’ai pas augmenté la dette de Lourdes, mais j’ai contribué à la faire baisser à un niveau d’encours de dette inférieur en fin de mandant (28M€, c’est la CRC qui le dit), alors que mon prédécesseur faisait lui des emprunts.